Communiqué de presse | Dix-huit nouveaux membres à l'Académie des sciences pour l'année 2026
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L’Académie des sciences se réjouit d’accueillir dès 2026 dix-huit nouveaux membres, scientifiques d’exception et figures de proue de leurs disciplines respectives. Ces nominations renforcent le rayonnement de l’Académie, qui continue à promouvoir l’excellence scientifique française et internationale.
© Académie des sciences - Cassanas
Cette année, les élections ont visé à renforcer l’expertise disciplinaire au sein de chacune des neuf sections de l’Académie des sciences, socle organisationnel scientifique de l’institution. Contrairement à l’an dernier, où un suffrage par commissions interdisciplinaires avait été privilégié afin de répondre à des expertises transverses sur de grands enjeux scientifiques et sociétaux, les élections de cette année s’inscrivent dans une logique différente.
En effet, elles participent à consolider les compétences fondamentales de l’Académie des sciences dans l’ensemble des grands champs de la recherche : biologie humaine et sciences médicales ; biologie intégrative ; biologie moléculaire, cellulaire et génomique ; chimie ; mathématique ; physique ; sciences de l’univers ; sciences mécaniques et informatiques, garantissant ainsi un haut niveau d’excellence disciplinaire au service de ses missions d’expertise et de conseil.
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Une présidente et une vice-présidente à l’Académie des sciences
Anne Ephrussi a été élue vice-présidente de l’Académie des sciences pour l’année 2026. Directrice de recherche au Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) à Heidelberg, en Allemagne, elle a obtenu des résultats majeurs dans l’analyse de la transcription avant de consacrer ses travaux à l’étude des déterminants cytoplasmiques du développement, en combinant des approches de génétique, de biologie moléculaire et de biologie cellulaire. Elle succédera en 2027 à Françoise Combes, actuelle présidente de l’Académie des sciences. Co-présidente du Comité de défense des scientifiques (Codhos) de l’Académie des sciences et membre de la National Academy of Sciences (NAS) des États-Unis, Anne Ephrussi incarne un fort ancrage international, atout majeur pour renforcer la voix et l’influence de l’Académie des sciences française sur la scène scientifique mondiale.
Réception des nouveaux membres
Les résultats des élections qui viennent d’avoir lieu devront prochainement être ratifiés par décret officiel du président de la République. Une cérémonie solennelle de réception des nouveaux membres se tiendra ensuite sous la Coupole de l’Institut de France le mardi 2 juin 2026, de 15h00 à 17h30, au son des tambours de la Garde républicaine.
Liste des nouveaux membres de l’Académie des sciences :
Mathématique
• Jean-Benoît Bost, professeur à l’université Paris-Saclay, directeur de recherche au CNRS, Laboratoire de mathématiques d’Orsay (LMO – CNRS/Université Paris-Saclay). Les recherches principales de Jean-Benoît Bost portent sur la théorie des nombres, plus précisément la géométrie d’Arakelov, qui utilise des méthodes de géométrie algébrique et d’analyse pour étudier les équations diophantiennes et la transcendance. Il a aussi contribué à d’autres domaines, dont la géométrie non commutative, et a une connaissance très vaste des mathématiques
• Sylvia Serfaty, professeure à Sorbonne Université, Laboratoire Jacques-Louis Lions (LJLL – CNRS/Sorbonne Université/Université Paris Cité) et professeure au Courant Institute of Mathematical Sciences à New York. Les travaux de Sylvia Serfaty se situent à l’interface entre l’analyse, les équations aux dérivées partielles, les probabilités et la physique mathématique et statistique. Elle s’est intéressée à l’analyse de l’arrangement des tourbillons de vortex dans l’équation de Ginzburg-Landau, ainsi qu’à leur dynamique, et à la mécanique statistique des gaz de Coulomb et de Riesz.
Physique
• Louis Fayard, directeur de recherche émérite au CNRS, Laboratoire de physique des 2 infinis - Irène Joliot-Curie (IJCLab – CNRS/Université Paris-Saclay). Louis Fayard est un spécialiste des symétries des particules élémentaires, reconnu pour ses contributions expérimentales, en particulier dans l’étude de la différence entre la matière et l’antimatière et dans la mesure des propriétés des bosons W et du boson de Higgs.
• Odile Stephan, professeure à l’université Paris-Saclay, Laboratoire de physique des solides (LPS – CNRS/Université Paris-Saclay). Odile Stéphan est spécialiste en microscopie et spectroscopie électroniques. Elle repousse, avec son équipe, les limites de ces techniques pour mieux comprendre les interactions entre la lumière, les électrons et la matière à l’échelle nanométrique. Elle explore des domaines variés comme la physique des nanomatériaux et la nano-optique.
Sciences mécaniques et informatiques
• Claire Gardent, directrice de recherche au CNRS, Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (Loria – CNRS/Université de Lorraine). Claire Gardent est spécialiste du traitement automatique des langues. Ses travaux couvrent la sémantique formelle et computationnelle, la génération de texte conditionnelle, ainsi que l’interface entre langage, connaissances et raisonnement.
• Stéphane Popinet, directeur de recherche au CNRS, Institut Jean Le Rond d’Alembert (CNRS/Sorbonne Université). Les recherches de Stéphane Popinet concernent la modélisation mécanique, mathématique et numérique de la dynamique des fluides complexes, avec des applications allant des systèmes microfluidiques jusqu’aux écoulements environnementaux et géophysiques.
Sciences de l’univers
• Philippe Davy, directeur de recherche au CNRS, laboratoire Géosciences Rennes (CNRS/Université de Rennes). Le domaine d’expertise de Philippe Davy concerne la modélisation de processus naturels complexes avec des approches théorique, numérique et expérimentale. Ses travaux concernent différents domaines des sciences de la terre et de l’eau : fracturation, hydrogéologie, hydrologie des bassins versants, érosion et transfert de sédiments, tectonique, physique des magmas.
• Marta Volonteri, directrice de recherche au CNRS, Institut d’astrophysique de Paris (IAP - CNRS/Sorbonne Université). Les recherches de Marta Volonteri visent à comprendre la formation et l’évolution des trous noirs massifs, des premières galaxies jusqu’aux galaxies de l’Univers local. Ses travaux ont démontré l’importance de l’interconnexion de différents processus astrophysiques pour comprendre ce phénomène.
Chimie
• Christophe Coperet, professeur à l’École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse). Christophe Coperet s’intéresse à la chimie des surfaces et interfaces, dans le cadre des matériaux fonctionnels et la catalyse hétérogène. Son laboratoire développe des approches moléculaires et spectroscopiques, en particulier la résonance magnétique nucléaire, et couple la chimie expérimentale et la modélisation pour la découverte et la compréhension des catalyseurs.
• Sylviane Muller, directrice de recherche émérite au CNRS, laboratoire Biotechnologie et signalisation cellulaire (BSC-CNRS/ Université de Strasbourg) et membre de l’Institut d’études avancées de l’université de Strasbourg (Usias). Chercheuse en immunologie et chimie thérapeutique, Sylviane Muller est spécialiste des maladies autoimmunes. Elle est connue pour être à l’origine d’un traitement peptidique prometteur actuellement en étude clinique avancée contre le lupus.
Biologie moléculaire et cellulaire, génomique
• Chris Bowler, directeur de recherche au CNRS, Institut de biologie de l’École normale supérieure (IBENS) – CNRS/ENS-PSL/Inserm). Chris Bowler est un biologiste marin qui a profondément transformé notre compréhension de la biologie et de l’écologie des diatomées marines. Sa carrière fait le pont entre la biologie moléculaire et l’écologie marine, ce qui fait de lui une figure clé de la génomique océanique.
• Matthieu Piel, directeur de recherche au CNRS, laboratoire Biologie cellulaire et cancer (CNRS/Institut Curie). Les travaux de Matthieu Piel ont mis en évidence le rôle central des contraintes physiques, en particulier du confinement, dans le comportement des cellules immunitaires et cancéreuses au sein des tissus. Il a ainsi participé à l’émergence d’une vision intégrée de la biologie cellulaire où mécanique, architecture cellulaire et fonction biologique sont étroitement couplées.
Biologie intégrative
• Ludovic Orlando, directeur de recherche au CNRS, directeur du Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse (CNRS/Université de Toulouse-EPE). Biologiste moléculaire et cellulaire et archéologue moléculaire, Ludovic Orlando explore les sociétés du passé à partir des traces d’ADN conservées dans les vestiges archéologiques et l’environnement. Il développe une approche interdisciplinaire, articulant sciences quantitatives, sciences humaines et sociales, et savoirs autochtones.
• François Parcy, directeur de recherche au CNRS, Laboratoire de physiologie cellulaire et végétale (CEA/CNRS/Inrae/Université Grenoble Alpes). François Parcy est un biologiste du développement végétal qui utilise une combinaison d’approches (génétique moléculaire, biologie structurale, bioinformatique, modélisation) pour comprendre comment les fleurs se forment et comment elles sont apparues dans l’évolution.
Biologie humaine et sciences médicales
• Philippe Bousso, directeur de recherche à l’Inserm, directeur du laboratoire Dynamiques des réponses immunes (Inserm/Pasteur). Philippe Bousso décrypte les interactions cellulaires orchestrant les réponses immunitaires, à l’aide notamment de techniques d’imagerie dynamique in vivo. Il cherche en particulier à mieux comprendre les modes d’action des immunothérapies contre les cancers pour en améliorer l’efficacité.
• Éric Gilson, professeur des Universités, Praticien Hospitalier à l’université Côte d’Azur et au CHU de Nice, chef d’équipe à l’Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement, Nice (Ircan – CNRS/Inserm/ Université Côte d’Azur). . Biologiste moléculaire spécialiste des mécanismes du vieillissement, Éric Gilson étudie comment les extrémités des chromosomes assurent la stabilité du génome et l’homéostasie cellulaire. Ses résultats ont permis de mieux comprendre l’organisation de la chromatine des télomères et comment son altération déclenche la sénescence cellulaire et favorisent l’oncogenèse.
Applications des sciences
• Frédéric Cappa, professeur à l’Université Côte d’Azur, laboratoire Géoazur (CNRS/IRD/Observatoire de la Côte d’Azur/Université Côte d’Azur). Frédéric Cappa développe des recherches dédiées à la compréhension du rôle des fluides dans la mécanique des roches et les processus physiques à l’origine des séismes.
• Bertrand Thirion, directeur de recherche à Inria, Centre Inria de Saclay. Les recherches de Bertrand Thirion se situent à la croisée des statistiques, de l’intelligence artificielle et du génie logiciel, avec des applications en neurosciences et en imagerie médicale. Elles portent sur le développement de méthodologies statistiques avancées, afin d’améliorer les applications neuroscientifiques et médicales de l’imagerie cérébrale.