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ASSURER UN RÔLE D’ExPERTiSE ET DE CONSEiL

Gaz de schistes : le souhait de plus de recherche

Éléments pour éclairer le débat sur les gaz de schiste - Avis, novembre 2013

La France, qui importe 98 % du gaz qu’elle consomme,

constituerait, avec la Pologne, le plus grand réservoir de

gaz de schiste en Europe. L’idée d’atteindre l’autonomie

énergétique grâce à l’exploitation des gaz de schiste est donc

tentante. Toutefois, il semble avant tout nécessaire de disposer

d’un bilan actualisé des risques induits par leur extraction et

d’une évaluation raisonnée des incertitudes. L’Académie des

sciences s’est saisie de cette question complexe, qu’elle avait

déjà évoquée dans son rapport

La recherche scientifique face

aux défis de l’énergie

(décembre 2012).

Elle expose dans cet avis les principaux aspects à prendre en compte en matière de maîtrise du risque environnemental

41

:



la disponibilité en eau : les quantités nécessaires sont certes importantes, mais doivent être mise en perspective avec

la consommation engendrée par d’autres activités, y compris de loisirs, et d’autres filières de production d’énergie ;



la prévention de la contamination des nappes phréatiques : cette contamination par le méthane ou les produits de

fracturation est possible, mais peut être évitée en respectant une distance verticale de sécurité minimale entre la

zone de fracture et les aquifères. L’étanchéité des tubages au passage des aquifères est, quant à elle, maîtrisée par

l’industrie du gaz et du pétrole, mais la question de l’étanchéité à long terme des forages mérite un examen attentif ;



le recyclage des eaux utilisées pour le forage et la fracturation : il convient d’entamer des recherches pour mettre

au point des agents visant à l’efficacité de la fracturation qui minimisent l’impact sur l’environnement. Les eaux de

forage sont potentiellement contaminantes et il faut, avant toute exploration ou exploitation, définir et mettre en place

des filières de traitement adaptées ;



les conséquences sur l’effet de serre : pour une même quantité d’énergie produite, l’utilisation du gaz diminue d’un

facteur 2 les émissions de CO

2

par rapport à celle du charbon. L’utilisation du gaz évite par ailleurs les émissions

polluantes particulières au charbon (métaux lourds et éléments radioactifs naturels). Le bilan du remplacement du

charbon par du gaz naturel est donc positif, à condition toutefois que le niveau de fuite de méthane reste faible ;



la sismicité induite : elle apparaît plus faible que la sismicité naturelle ou liée aux activités minières. Pour autant,

le risque doit être évalué en fonction des conditions locales et nécessite la mise en place d’un suivi de la sismicité

robuste et efficace.

Pour avancer sur l’ensemble de ces aspects, l’Académie des sciences recommande la mise en place d’une «

autorité

scientifique indépendante et pluridisciplinaire pour le suivi des actions qui seraient engagées pour l’évaluation objective

des ressources et des méthodes d’exploitation

».

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© Dmitry - Fotolia

édition scientifique : changer de modèle ?

Les nouveaux enjeux de l’édition scientifique. Rapport, octobre 2014

L’Académie des sciences estime que les modèles actuels de l’édition scientifique ne garantissent

pas à l’ensemble de la communauté scientifique internationale un accès égal à une information

de qualité, disponible immédiatement. Elle recommande une réorganisation selon deux axes

complémentaires : les archives ouvertes, ainsi qu’un

Open access

institutionnel reposant sur

la signature d’accords nationaux, voire internationaux, entre états et éditeurs. Dans ce rapport,

l’Académie des sciences évoque également la place importante donnée à la publication scientifique

dans l’évaluation des chercheurs, et les dérives que l’on peut en craindre

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.